L’affaire Oscar Pistorius : de la gloire à la prison

Affaires criminelles
Oscar Pistorius
le
15 décembre 2017

Le 14 février 2013, aux alentours de 4h du matin, le corps sans vie d’une jeune femme est retrouvée au domicile de l’athlète olympique Oscar Pistorius. Il s’agit de sa compagne et mannequin, Reeva Steenkamp, blessée par balles. Mais que s’est-il passé en cette nuit de février ? Crime passionnel, cambriolage ? Retour sur le destin tragique d’une jeune femme à l’avenir prometteur.

14 février 2013. Il est 4h du matin quand les secours sont appelés au domicile d’Oscar Pistorius, icône sportive sud-africaine. Sur place, les secours trouvent le corps, sans vie, d’une jeune femme de 29 ans, Reeva Steenkamp, et compagne du sportif.

La scène est atroce, le corps gît dans une mare de sang en bas des escaliers de la villa. Mais que s’est-il passé cette nuit-là ? Comment le couple s’est-il retrouvé dans cette situation ?

 

LA THÈSE DU « CAMBRIOLAGE »

Le jour n’est pas encore levé quand les sirènes des secours retentissent dans le quartier de Silver Woods Country Estate, où réside l’athlète olympique Oscar Pistorius. C’est lui, qui aux alentours de 4h du matin a demandé à son gardien d’appeler les secours après avoir abattu par arme à feu sa compagne de 29 ans, Reeva Steenkamp.

Sur place, le sang rouge autour du corps de la jeune femme gisant en bas des escaliers de la villa, s’oppose au blanc immaculé des murs. Pour les enquêteurs, pas de doute, Reeva a bien été tuée par son compagnon. Les premières questions se posent, s’agit-il d’un homicide volontaire ou d’un dramatique accident ?

C’est Oscar Pistorius, lui-même, qui va donner les premiers éléments aux policiers. En larmes, le teint livide, les habits rouges sang, l’athlète confie aux enquêteurs avoir pensé être victime d’un cambriolage.

Réveillé par des bruits suspects, l’athlète aurait pensé être victime d’un cambriolage au sein de son domicile, une infraction très courante en Afrique du Sud. Propriétaire d’une arme à feu, il l’aurait alors saisi avant de se diriger vers les bruits, provenant de la salle de bain. C’est ici que le crime aura lieu et que Reeva Steenkamp sera victime de son conjoint. Enfermé dans le cabinet de toilette, Oscar Pistorius l’aurait confondu avec un cambrioleur avant de faire feu à travers la porte.

 

DES PREUVES ACCABLANTES

Cependant, certaines preuves contre-carrent la version de l’athlète et des questions se posent. En se réveillant, Oscar était seul dans le lit qu’il partageait avec Reeva, alors pourquoi le jeune homme n’a-t-il pas cherché sa compagne ?

Les traces balistiques montrent que les balles ont été tirées vers le bas, Oscar portait donc ses prothèses au moment des faits et n’était donc pas dans son siège roulant. Une question se pose : de combien de temps, l’athlète a-t-il besoin pour mettre ses prothèses ? Les voisins, interrogés par les enquêteurs, indiqueront qu’une violente dispute a éclaté au sein du couple durant la nuit. Différents éléments qui amèneront les enquêteurs à arrêter Oscar Pistorius le jour-même.

Le plus troublant se trouve sur le corps de la jeune femme, les impacts de balle semblent indiquer que la jeune femme n’était pas assise sur les toilettes, mais debout contre la porte avec son téléphone. Pourquoi une jeune femme irait-elle se cacher, à 3h du matin, dans les toilettes du domicile de son compagnon avec son téléphone ?

 

DES ANTÉCÉDENTS DIFFICILES

Ce n’est pas la première fois qu’Oscar Pistorius doit se justifier devant les enquêteurs. En 2009, l’athlète avait déjà été arrêté pour avoir porté des coups à une jeune femme, en lui claquant violemment une porte au visage. La jeune femme avait été grièvement blessée. Les charges, quant à elles, avaient fini par être abandonnées.

 

UN PROCÈS SOUS TENSION

C’est en juillet 2016 et après plus de trois ans de procès, très médiatisé, du septuple champion paralympique est condamné à 6 ans de prison ferme pour homicide involontaire. Une peine qui avait surpris la partie civile qui espérait une sanction plus lourde. Très logiquement, à la fin de ce procès, le parquet a fait appel de la décision contestant une peine « scandaleusement inapproprié ».

Entre les deux procès, un an s’est écoulé, et c’est le 24 novembre que le sort de « Blade Runner » a définitivement été scellé. Après avoir plaidé sa cause, avec émotion, et demander pardon auprès des proches de Reeva, la justice a finalement tranché en le condamnant à 13 ans et 5 mois de prisons pour « meurtre ».

 

UNE JEUNE FEMME ENGAGÉE

Dans un pays où la violence est omniprésente et fait partie du quotidien des sud-africains, Reeva Stenkamp avait choisi de se battre contre ces dernières. Elle devait notamment, cette même semaine se rendre dans un lycée pour rendre hommage à une jeune étudiante décédé des suites d’un viol. La veille de son décès, Reeva avait laissé un dernier message sur ces réseaux sociaux, qui laisse aujourd’hui à la famille de la jeune femme un goût amer.

« Je me suis réveillée ce matin, en sécurité dans ma maison. Tout le monde n’a pas cette chance. (…) » 13 février 2013.

Quelques heures plus tard, le cœur de la jeune mannequin cessera de battre dans cette même maison.

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2 Commentaires
  1. Répondre

    Maud

    16 février 2018

    Brrr ! Ca fait froid dans le dos :O

  2. Répondre

    Heather

    16 février 2018

    Je suis choquée de la fin ! Très bien écrit comme d’habitude.
    Cela fait de la peine de voir que même les personnes qui sont censés donner , en quelque sorte, l’exemple arrive à frapper, faire du mal et tuer une autre personne.

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Juliette
France

Partager. Échanger. Passionnée par les faits divers et affaires criminelles. Etudiante en M2 Communication et Marketing Digital.

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